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Le jeudi 8 juin 2023, une attaque au couteau a fait six blessés, dont quatre enfants, à Annecy. Nous tenons à affirmer toute notre solidarité, aux personnes touchées, à leurs familles et leurs amis.

Toute la France est choquée par cet acte barbare, qui brise un tabou : s’attaquer à des enfants, des bébés et des personnes âgées. Toute la presse titre sur « l‘horreur à Annecy » et l’extrême droite l’instrumentalise et manifeste sans aucune retenue dans les médias, dans les rue d’Annecy et même sur le lieu de l’agression. La France à peur ! « un immigré Syrien », débouté d’asile, poignarde des enfants dans un parc !

Comme lors du meurtre de Lola à Paris et celui de Carène, l’infirmière de Reims, puisque c’est un étranger qui est coupable, ce sont tous les étrangers qui sont coupables. Le laxisme, la naïveté de l’Europe face à l’immigration reviens à la une de la presse. Aurore Bergé, la reine de la récupération politique juge que le débat sur les retraites n’est qu’une « espèce de bataille de chiffonniers » à côté de l’attaque à Annecy. Éric Ciotti et Marine Le Pen assurent qu’il faut prendre des mesures pour que la France reprenne sa « souveraineté » sur l’immigration et pour « ne plus se soumettre » aux règles « inadaptées » de l’Union Européenne.

Et pourtant ce drame, comme les précédents, est seulement lié à l’état de la psychiatrie en France. L’hôpital psychiatrique est en état d’urgence absolue : 30 000 lits ont été supprimés dans les hôpitaux psychiatriques, 13 millions de personnes sont victimes de pathologies mentales ; un million de personnes sont sans domicile fixe 60 % des SDF souffrent de schizophrénie et 30 % de troubles bipolaire. La plupart souffrent de dépressions qui ne sont pas diagnostiqués car elles sont masquées par l’alcool ou la drogue. 9 patients SDF sur 10 ne reçoivent pas de traitement adapté.

Le manque de médecins, mais aussi le manque d’éducateurs et de travailleurs sociaux ; 50 000 postes restent vacants,comme c’est étrange ! Un métier à risques, bac +3 pour 1470€ ! La crise est telle que les structures refusent de prendre en charge les nouvelles familles et les jeunes. Sarkozy en 2007 et Macron en 2017 on annoncé chacun leur tour zéro SDF dans la rue. On voit l’efficacité des promesses de la droite.

Pourtant les médecins nous disent : la rue est incompatible avec les soins psychiatriques ; avant tout traitement, il faut la sécurité d’un logement. Des expériences au Canada et aux États-Unis en on fait la preuve. Mais en France les capacités d’hébergement font cruellement défaut et dès qu’une structure voit le jour, elle entraîne une levée de bouclier des riverains, attisée par la droite traditionnelle et l’extrême droite.

Il est urgent de restaurer la prise en charge psychiatrique en particulier pour les personnes les plus vulnérables, car après ce passage à l’acte effroyable et l’emballement médiatique raciste et malsain de journalistes d’occasion accros aux clics, il faudra bien se confronter au réel pour proposer des solutions qui protégeront la population.

Sur la situation de la psychiatrie à Créteil et dans le Val-de-Marne, (re)lisez nos articles : « Non aux fermetures de lits en psychiatrie à Créteil ! » et « Les Insoumis·es de Créteil soutiennent la 1ère Rencontre-Débat, sur la situation de la psychiatrie, pédopsychiatrie et santé mentale en Val-de-Marne ».